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L'espace à travers la couleur et l'illusion.
La plupart des éléments qui composent mon travail proviennent de
l'observation de la nature, de
l'environnement où je vis et des phénomènes optiques. J'observe
obstinément la lumière et l'ombre, les
contrastes, le noir et blanc ou le noir et jaune. Et c'est sur cette base
que j'organise mes couleurs.
Depuis 1961 ma recherche est centrée sur les problèmes d'espace et de
géométrie. Je travaille par
étape, la méthode géométrique me convient pour réaliser ma conception. La
base de mon travail est le
dessin linéaire et surtout les maquettes sur lesquelles j'y reviens très
souvent pour développer une idée,
un sujet, une forme.
Je suis intéressée par la notion du vide et de l'infini. Dans mon travall
j'utilise la perspective linéaire pour
approfondir l'impression de vide et je crée ainsi un espace quelquefois
désertique, immuable et immense
qui s'intensifie par l'absence humaine. Je coupe souvent cette
perspective par un second plan. Ce second
plan que je crée, peut être le mur, demeurer neutre ou devenir une
nouvelle surface peinte ou encore
reflèter l'ambiance par l'intégration d'un miroir. Dernièrement, je
laisse quelquefois ma nature
expressioniste s'exprimer à coté de la géométrie. Dans mon travail
n'ayant pas de figure humaine, ni tout
autre repère ou rappel à une échelle, l'oeil du spectateur se perd dans
l'infini. Je découvre l'immensité que
j'exprime non seulement dans les paysages, comme le désert, la mer, le
ciel, mais aussi dans
l'environnement structural contemporain avec sa solitude chaotique.
L'environnement se compose
d'éléments de la nature et d'éléments de la technologie. Il influence
inévitablement notre vision. Je vois les
constructions du monde actuel à travers une optique géométrique. Je
schématise des espaces
imaginaires peut-être réels.
Dans certaines parties de l'ensemble de mon travail, je crée des rayures
en me servant de la progression
de l'épaisseur de ces rayures. Chaque fois, elles sont étudiées selon le
problème géométrique que je me
pose. Ces rayures accentuent l'impression de profondeur. Et selon la
formule mathématique de la série
logarithmique par exemple, les rayures donnent à la surface plane
l'impression d'une courbe. Encore une
façon d'utiliser les moyens plastiques et géométriques pour créer la
profondeur, le trompe l'oeil. Je
ressens que dans l'art l'illusion existe, c'est pour cela que pour
accentuer le trompe l'oeil, j'emploie la
perspective linéaire, les miroirs, le reflet de l'eau, c'est-à-dire la
symétrie, ainsi que d'autres moyens
géométriques et picturaux.
Opy Zouni
(Extrait d'une conférence au colloque Art et Technologie, Fondation
Calouste Guldenkian, Lisbonne, Dec. 1987).
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