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Aris Karamaounas, la rigueur et la patience Tribune des Arts (février 1988) | |
Qui eût pu imaginer qu'à
l'emplacement d'une ancienne corderie de Carouge,
se trouverait la plus «in»
des galeries d'art, digne des lofts les
plus recherchés de «Soho», quartier
de prédilection des artistes de Manhattan?
L'endroit est savamment camouflé. C'est ainsi que l'a voulu son propriétaire, Aris Karamaounas, qui affirme: « l'art est un mystère... celui qui le veut nous trouve!» Autant dire qu'il y tient, à ce bloc de béton extérieurement peu engageant, mais qui renferme 530 mètres carrés d'espace sous un gigantesque plafond, le tout, entièrement consacré à la peinture et la sculpture sous toutes ses formes! | |
Sur les murs blancs aux éclairages soignés, sont exposées une cinquantaine de toiles... mystère et surréalisme: il s'agit d'Ida Barbarigo, une peintre italienne, «protégée» du maître de céans. Des «protégés» de cette sorte, il en a d'autres, une douzaine au total, qu'il présente avec un enthousiasme admiratif. Ce sont un peu ses «enfants», même si l'un ou l'autre d'entre eux pourrait être son père: Zigaïna, Becca, Moser, Visson, Rouiller, Milshtein, Lassiter, Riveva, Colunga, Garbell, Müller... Noms symboles d'une qualité qu'Aris Karamaounas place au dessus de tout. Ce n'est pas par hasard, si cet ancien ingénieur-informaticien délaisse, il y a huit ans, son entreprise personnelle, au profit de l'art. C'est qu'une rencontre l'avait marqué: celle d'un collectionneur d'icônes crétoises dont il avait fait la connaissance au cours d'un voyage d'affaires à l'Est. II avait été happé par ces icônes qui lui rappelaient l'art vénitien, au point d'en acheter quelques-unes malheureusement inexportables. «Le mal était fait.» Des icônes crétoises à l'art contemporain, il n'y avait qu'un pas! Aujourd'hui, chose rare dans le métier, Aris Karamaounas parait aussi vigilant sur le profit de ses artistes que sur le sien. Pour cela, il n'hésite pas à les promouvoir ailleurs, dans des musées ou en participant aux expositions de prestige, comme celle de cette année, par exemple, sur le «design radical des années cinquante»... |
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II croit à l'élément personnel, comme facteur prépondérant: « Mes clients sont des gens sensibles à la distinction du goût!» Et du goût, il en a, c'est même un formateur. «Ce qui m'intéresse surtout, ce sont des gens qui seront des clients à vie!» avoue-t-il. Pour cela, il faut de la rigueur et beaucoup de patience; l'opération est de longue haleine. «La suite des événements conforte la confiance que les clients ont mise en vous!» Amateur d'art certes, mais puriste et sans vocation didactique: «La bonne peinture arrive toujours à convaincre! » Aris Karamaounas fait souvent abstraction de son goût pour regarder la qualité, facteur de réussite de la galerie. II évite de la spécialiser dans une direction donnée, d'une part, parce qu'il ne trouverait pas assez d'artistes pour la faire marcher, mais aussi parce que la qualité implique une certaine variété. Autant d'éléments qui, ajoutés les uns aux autres, font de la Galerie Kara, un sanctuaire privilégié de l'art contemporain de qualité. | |
Devant une toile de Zwy Milshtein, Aris Karamaounas, René Berger, président d'honneur de l'Association internationale des
critiques d'art, Této Ahrenberg, collectionneur, Zwy Milshtein et Alin Avila de Radio France Culture. (Photo Erling Mandelmann)
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