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C'est Jackeline la fougue |
Ses toiles ont la chaleur du Brésil, du Cambodge ou du Soudan. Bourlingueuse des paysages et des croyances, Jacqueline Bachmann, Bulloise d'origine, marque une escale à ses voyages qui sont aussi intérieurs.
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Que de chemin parcouru depuis qu'elle était maîtresse enfantine à Bulle! Jacqueline Bachmann, née en 1952, a toujours été intéressée par la créativité. Mais enseigner, tâter du batik ou du cuivre repoussé, ne lui suffisait pas. Elle voulait parler d'autres langues, voir d'autres peaux, toucher d'autres sables. Son destin la conduira à Cambridge où elle apprend l'anglais, au Brésil où elle reçoit de plein fouet le contraste de la misère et de la richesse, en Angola sur la ligne de front, au Cambodge dans un camp de réfugiés. Sur sa carte de visite-mais en a-¬t-elle une? - elle pourrait noter licenciée en psychopédagogie, professeur de langues, déléguée du CICR, organisatrice de séminaires en droit international humanitaire... Basta! Un soleil dans la voix, Jacqueline Bachmann résume: «Il faut laisser parler son cœur. Et respecter l'autre». Quant à la peinture, qui a toujours fait partie peu ou prou de ses bagages, elle dit: «Le fruit de toutes ces expériences m'a centrée sur le fait de communiquer, d'apporter quelque chose.» Elle ne parle pas pour autant de «message». La peinture, pour elle, est d'abord un outil, qui lui permet de libérer des émotions. «Je n'ai pas la prétention de quoi que ce soit». Plutôt que de peinture, il faudrait d'ailleurs parler chez elle d'expression multiforme. Tant sont nombreux les supports et les matériaux de sa créativité. Voyez plutôt toiles, papiers plissés, carton ondulé, plaques de tôle et de cuivre, écorces, aiguilles, et même des tentures récupérées de civières de l'armée suisse... «J'aime les matières qui ont déjà une âme», constate-t-¬elle. Souvent, les supports correspondent à ce qu'elle trouvait sur place. Dans cette ligne, les œuvres qu'elle a accrochées-pas moins de 86 pièces! -rappellent les lieux visités: un bédouin qui passe dans une rue déserte, un escalier orange de composition «byzantine» en audacieuse perspective, ou ce visage de femme africaine dont les cheveux donnent naissance à une foule d'hommes. Un dessin qui est devenu la couverture d'un CD enregistré par son ami, le saxophoniste noir Carlos Ward.
Ouvrir des portes Journal La Gruyère. A l'occasion d'une exposition à la Galerie Antika. Octobre 1998 |
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