Extraits de critiques  


Le monde du peintre Jean ROLL est totalement celui de l'union paradoxale et somptueuse de l'intériorité et de la théâtralité. Regorgeant des thèmes et symboles de la peinture européenne (l'œuf, le verre, le livre notamment), il emprunte aux Hollandais du XVIIe siècle, leurs compositions, alliant le ciel orageux de leurs marines à la stabilité monumentale de leurs natures mortes.
Un monde crépusculaire, où résonne le chant muet d'un luth à la forme vertigineuse.
Dominique Vollichard


Avec les gestes attentifs du collectionneur de porcelaines rares, le peintre dispose ses « modèles » sur la table de l'atelier: ce sont en général des produits courants de l'artisanat, des objets usuels de verre, de grès, de métal, parfois une fleur et il dirige sur eux le faisceau d'un projecteur propre à exalter la phosphorescence d'une opaline, l'éclat tranchant d'une coupe où le vin capte un reflet.
Souvent inscrites dans un schéma pyramidal très stable, ordonnées avec un parfait équilibre, ces formes se dressent avec une grandeur monumentale, accentuée par leur ombre portée.
Maurice Jean-Petit-Matile


Sous l'effet d'un cheminement intérieur dont sa pudeur même nous oblige à respecter le mystère, l'art de Jean ROLL si apte à retenir les séductions tactiles du monde ambiant, s'est fait peu à peu plus grave, usant d'un langage plus dramatiquement contrasté pour traduire de manière presque magique la forme des choses et leur entretien avec la lumière.
C'est presque un lieu commun de dire qu'il n'est pas nécessaire que le thème en soit sacré pour qu'une œuvre ait un caractère religieux.
Jean ROLL est un visionnaire, qui, au-delà des apparences voit et fait surgir le mystère des choses. I1 sait tout le prix de la lumière nocturne et la magie spéciale dont elle baigne toutes choses: les arbres, les eaux et les pierres, les nuages aussi et jusqu'à nos regards toujours habités par l'attente d'une autre Lumière.
Edouard Muller-Moor


Merveilleuse poésie de l'objet mis à nu, compagnon silencieux mais combien présent de nos veilles; ses formes quasi géométriques dressées sous la lumière nocturne, pures et monumentales, ont la noblesse d'altières architectures.
En ce temps où le goût d es expérimentations ha sardeuses conduit à la plus foisonnante confusion, nous accueillons avec gratitude la discipline de son classicisme et ce que celle-ci implique de certitude, d'ordre et de clarté.
Georges Peillex


Les œuvres de Jean ROLL appartiennent à un courant artistique que l' on peut appeler métaphysique, car pour lui la représentation de l'espace et d'objets quotidiens s'inscrit dans une recherche spirituelle et mystique. Le travail pictural s'inscrit dans cette quête.
Patrick Schaefer


La vie, c'est cette goutte d'eau pure qui perle à la surface d'une forme à chapeau; c'est le minuscule reflet rosé sur la coupe d'albâtre, reflet infime, mais qui finit par prendre une place essentielle; c'est le brusque éclat de lumière sur le cuivre; c'est le jaune éclatant de la pomme; c'est la blancheur de l'œuf au sommet d'une nature morte.
La vie telle que la peint Jean ROLL, c'est aussi ces incomparables reflets qui courent d'objet en objet. La lumière passe au travers d'un vase bleu, puis, grâce à la transparence de celui-ci, elle va se déposer sur l'objet voisin qui, à son tour, dépose son ombre légère sur le suivant, et ainsi de suite.
Ainsi, sous l'opaque, la lumière va, court, en un mot: vit.
B.P. Cruchet


Surréaliste sur les bords, ce virtuose de l'illusion picturale excelle à jouer de la lumière incidente, des ombres portées, des reflets de matières brillantes et aussi, inversement des effets de réfraction qui révèlent les couleurs du prisme.
Tout se tient dans ses tableaux d'un réalisme magique méticuleusement élaboré même dans ses propositions les plus insolites.
Pierre Vidoudez


Jean ROLL ne célèbre pas les choses pour elles-mêmes, inlassablement, il quête derrière l'enveloppe, sous l'écorce, ce que cache la réalité. Il ne cesse de poursuivre, dans le halètement d'un travail inlassable, les plus intimes vibrations du monde sensible qui nous relient au mouvement de l'univers et à son harmonie précaire.
Alexandre Voisard


Le silence, la solitude qui se dégagent des œuvres de ROLL leur donnent aussi leur pérennité. Les situations que ce peintre crée dans ses compositions ne sont pas éphémères. Elles paraissent défier le cours du temps comme la statuaire d'Egypte ou des Assyriens.
Il s'aventure sans concession et s'engage sans retour dans l'authenticité de sa vision.
Théâtre d'ombres et de lumière, Jean ROLL en assume tous les risques. Peinture où des noirs somptueux lentement s'éclairent de gris et de blancs insolites. Ailleurs, des valeurs se nuancent et montent progressivement de la demi-teinte à la teinte.
Voici d'autres toiles encores où chante soudain la couleur pure, troublante et musicale dans le grand silence qui semble hanter les œuvres de Jean ROLL.
Monique Priscille-Druey


L'art de ROLL est fort d'inconnu, de silence, de secret, d'intimité âprement défendue.
Il y a l'objet, c'est-à-dire la forme et la lumière. Or, par-delà la forme sensible de l'objet, l'artiste atteint l'essentiel, l'âme ou plutôt comme l'a écrit Daniel- Rops, c'est la forme qui rend l'âme perceptible et qui la signifie.
Echappé du temps ou arrêté dans le temps, l'art de ROLL est silence, arrêt du rythme visible, fixation d'une vision, d'un regard.
Claude Pochon


Pour ROLL tout commence dans un petit théâtre aménagé dans son atelier: sur la scène, entourée de rideaux noirs, il choisit des objets, les assemble, étudie les perspectives, les rapports de proportion, les assemblages de forme, pendant plusieurs jours.
Le rythme alors obtenu, il peint plus vite, lancé comme un comédien qui connaît son rôle et entre en scene.
Jacques Magnol


L'espace de Jean ROLL n'appartient qu'à lui: si vaste qu'on pourrait le qualifier d'absolu, il associe paradoxalement les objets par le vide même qui les sépare, leur confère l'autonomie en même temps qu'il les unit et suscite le sentiment de la permanence, de lois certaines.
Aussi peut-on dire que la peinture de Jean ROLL est métaphysique: elle rend manifeste l'immanence.
Si fondamentale que soit la qualité en quelque sorte intellectuelle de cette peinture, son pouvoir lyrique ne doit point être minimisé. Interviennent en effet des facteurs importants: la lumière, la vie. La clarté si douce, parfois quasi lunaire, qui vient animer les fonds, l'éclairage qui accentue les arêtes et projette les ombres portées, transforme la démonstration logique en poème. Un poème grave, souvent nocturne, un poème du silence et de l'attente.
Arnold Kohler


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