- Lors de notre dernière conversation, vous m'avez déclaré votre nécessité
de vivre seul. Aujourd'hui, y êtes-vous parvenu totalement?
- J'y parviens de mieux en mieux. Mon besoin de solitude est lié
viscéralement
à ma capacité de travail créateur: étant seul à prendre toutes les
décisions,
quelles qu'elles soient, banales ou importantes, j'ai le sentiment que
mes sources
intérieures par là même demeurent intactes. Il me semble que j'arrive à
travailler
bien plus facilement aujourd'hui que par le passé, et cela n'a rien à
voir, disons,
avec l'expérience que vous pouvez acquérir au fil des années. C'est
simplement
que j'ai réussi à préserver une liberté intérieure qui garantit, en tout
cas pour
moi, une certaine veine créatrice.
- Voulez-vous dire que vous, vous devez être seul pour accomplir votre
travail, ou
que l'artiste, d'une manière générale, doit vivre seul afin d'approfondir
sa
vision picturale?
- Je pense que cela
me concerne tout particulièrement. Je suis un observateur; l'observateur
doit être en
dehors du monde en quelque sorte, s'il veut tenter d'en saisir une
parcelle de vérité ou
du moins en ravir une flammèche. Et puis je crois très fortement en
l'intuition.
L'intuition s'aiguise au contact de la solitude et vous aide justement à
mieux percevoir
et à comprendre la société dans laquelle vous vivez. Vous ne la
considérez plus d'un
point de vue, disons, conventionnel ou d'une façon didactique, d'une
façon que vous
auriez apprise à l'école... Créer, c'est redire le monde autour de vous,
pour cela il vous
faut revenir à un stade primitif, à un état... vierge, dans un sens non
pas individuel,
contemporain, mais universel. Saisir l'homme et la société à leurs source
mêmes...
Pour faire ce genre de travail, il faut être seul, il faut penser par
soi-même, éviter toute
influence, il faut être obsédé, il faut sans cesse approfondir
l'observation du monde en
essayant de capter cette grande source intérieure qui est à l'origine de
tout et qui est
sans doute... préhistorique, il
faut véritablement remonter aux origines de l'homme, à ce qui est commun à
nous
tous. C'est ce que j'essaie de faire de toutes mes forces depuis des
années...
Sinon l'art n'a pas grand sens... Je voudrais aussi aller à travers
l'histoire des
hommes, voir comment ils ont créé et comprendre ma rélation à eux, le rapport entre ce que je fais et ce que le monde leur a fait ou
est en
train de leur faire... Par exemple, récemment, j'ai peint une série
d'oeuvres
qui est «balinaise», absolument par mon intuition. Des tas de gens me
l'ont
confirmé.
- Vous n'aviez pas été influencé par des oeuvres d'art de Bali?
- Pas du
tout!
- Comment vous expliquez-vous cela?
- Parce que je vis en moi-même, je ne permets à aucun commentaire, qu'il
soit verbal ou écrit, de trouver son chemin en moi, je refuse la pensée
collective,
les clichés et les modes de la société, je me suis coupé de tout,
j'essaie de
forger mes propres valeurs intérieures, et grâce à l'intuition je pense
que je
retrouve inconsciemment des dénominateurs communs à la collectivité, des
constantes spirituelles.
- Vous croyez vraiment être coupé de tout? Vous écrivez beaucoup vous-même,
vous lisez,
vous...
- Oh! non, je ne lis jamais!
- Vraiment?
- Non. Et lorsque j'écris, j'écris par pure intuition. J'ai ma grammaire,
ma
syntaxe, mon ordre des mots, mes inventions de vocables et de phrases
Bien sûr, enfant, j'ai appris à lire et à écrire, mais je ne suis capable
d'apprendre
véritablement qu'à travers l'observation visuelle. Et par l'écoute.
J'aime aller
aux conférences. Mais j'ai une hostilité totale envers tout ce qui est
écrit. Et
en ce qui concerne la lecture, ma période de concentration est très
courte.
je pense que je n'ai pas lu plus de trois ou quatre livres épais dans ma
vie.
- Quels étaient ces livres?
- Je n'arrive même plus à m'en
souvenir.
- Et les journaux?
- Je suis contre les
journaux.
- Vous ne les lisez pas non plus?
- Non, parce que ça se répète toujours d'un journal à l'autre, dans les
grandes lignes;
et dans le détail, la nuance, vous n'y comprenez plus rien: si vous
parcourez le même
article dans plusieurs journaux, vous obtenez des points
de vue totalement différents, alors quel est l'intérêt de les lire? Je
n'apprends
rien d'objectif sur le monde, et pour mon travail cela va interférer avec
mon
point de vue dont j'ai absolument besoin pour réaliser l'oeuvre. De toute
façon, tous les journalistes ont des préjugés et n'écrivent que pour
eux-mêmes.
Les événements se répètent depuis la création du monde, d'une manière
lassante, on croit vous donner du neuf, mais non, tout ça a déjà eu lieu,
hier,
avant-hier, et se reproduira demain: rien ne change et n'a jamais
changé.
- Alors, comment vivez-vous si vous n'êtes pas intéressé par ce qui arrive
dons notre
monde?
- Je vais très souvent au cinéma.
- Les grands changements qui affectent notre planète vous laissent
froid.
- Je vous le répète: je ne crois pas que la condition humaine a beaucoup
évolué, surtout dans le domaine de la politique. Les mêmes erreurs se
répètent,
les gens sont des rapaces, les nations deviennent avides de pouvoir et
tournent
en marionnettes l'homme de la rue, et l'humanité en définitive doit
souffrir
parce que quelques politiciens en ont décidé ainsi, et cela dure depuis le
commencement des temps. Non, vraiment rien de nouveau sous le soleil.
- C'est ce que vous essayez de dire dans votre oeuvre? L'humanité n'a pas
progressé
?
- ...Non, j'essaie justement d'éviter tout cela... J'aime inventer mes
propres
histoires, les faits ne m'intéressent pas, la vérité ne m'intéresse
pas.
- Vous voulez dire que dans chacune de vos oeuvres, en fait, il y a une
histoire?
- Oui. Une histoire toute simple.
- Qu'appelez-vous exactement une histoire?
- C'est mon interprétation de quelque expérience antérieure qui est
survenue
dans le
passé.
- A
vous?
- A moi ou à quelqu'un d'autre... je vous l'ai déjà dit, j'aime me
tourner vers
l'histoire des civilisations, me replonger dans la sculpture romaine,
égyptienne...
je raconte de nouveau l'histoire de Cléopâtre mais à ma façon. Je pars
souvent
de photographies et je voyage ainsi à travers les générations. Je décris
les
civilisations à mesure qu'elles passent, mais au moyen d'un vocabulaire
formel
contemporain... Qu'y a-t-il dans mes oeuvres... Est-ce que je le sais
seulement?...
je m'en moque. Ce sont les autres qui me disent: tiens, c'est ceci, c'est
cela,
comme pour cette série d'oeuvres à caractère balinais.
- Vous voyez votre travail plutôt abstrait ou plutôt figuratif?
- Je suis obsédé par la figure humaine, mais elle finit par devenir
abstraite,
selon moi: je veux lui donner ma propre interprétation. Où est le réel?
- C'est vrai: dès les premiers travaux, la figure humaine était
présente.
- Oui. Et aujourd'hui, elle surgit de mon inconscient, sans plus aucun
contrôle.
Dans le dessin, elle est entièrement intériorisée. Alors parfois il y a
trois jambes.
Je laisse faire: la forme me tire en avant... Devons-nous poser un
diagnostic?
Suis-je proche du Surréalisme? D'un expressionnisme plutôt allemand? De
l'art fantastique? Cela relève-t-il de la Nouvelle Invention? De l'art
brut? Tout
cela, ce sont des étiquettes, je les refuse. ... Les gens et surtout ceux
qui
soi-disant font l'art, les directeurs de musées, les critiques, les
commissaires,
que sais-je, ont toujours besoin d'étiquettes, sinon ils sont perdus.
- Une fois, vous m'avez montré des noir-blanc où vous vous étiez
photographié
dans un miroir déformant. Un autoportrait... tordu. Cette déformation de
la
figure humaine est aussi une constante dons votre travail.
- Plutôt que leur déformation, c'est leur élongation, celle des membres
que
je recherche.
- L'humanité est votre thème majeur...
- Absolument.
- ... et n'y a-t-il pas dons cette volonté de déformer les corps quelque
vérité
que vous aimeriez nous suggérer à propos de notre société actuelle ou de
Ia
société en général à travers les
âges?
- Il fut un temps où j'écrivais à ce sujet. J'étais à la recherche d'une
nouvelle
forme humaine, une forme du futur...
- Oui.?
- ... Il faudrait de nouveau remonter à
l'enfance.
- Vous croyez
?
- ... Ne serait-ce pas l'objectif de chacun d'entre nous d'arriver par
accepter
ses distorsions
personnelles?
- Donc il s'agit bien d'une certaine vérité... existentielle ?
- Envers soi-même. Chacun a ses déformations, mais personne ne veut
l'admettre. On est tous tordus, quoi... De toute façon, ce qui est déformé
est
toujours plus fascinant que la normalité. Ce que je veux dire: mettons les
cartes sur table, c'est tout. En art, il faut mettre les cartes sur
table, sinon
c'est de l'esthétisme ou de l'amuse-gueule.
- Mais on peut aussi dire que l'élongation des corps contribue à donner
une
crédibilité renforcée à cet espace particulier que vous créez par les
fonds
dans vos peintures et souvent même dans vos
dessins.
- Une nouvelle vague du cinéma actuel fait constamment référence à cet
espace d'où émergent des personnages venant d'autres planètes, Leurs
apparences extérieures et leurs réactions face à notre monde sont le
sujet de
ces films.
- On est en pleine science-fiction là?
- Pourquoi? Les nouvelles techniques cinématographiques permettent de
multiplier ce genre de sujets, c'est devenu très courant. Pourquoi de la
science-fiction? Beaucoup de personnes sont préoccupées par ce genre de
problèmes, ça me semble tout à fait logique et rationnel.
- Vos personnages dessinés et peints, déformés, viennent de ces nouvelles
régions
?
- Malgré moi, ils flottent dans cet espace et je dois m'y faire...
Certains auront
des explications psychologiques toutes prêtes... Y a-t-il quelque chose de
religieux là-dedans? Flottent-ils vers l'enfer? Les Maîtres anciens
étaient obsédés
par la religion, par la notion de péché, d'enfer et de paradis... Quel
poids que
tout cela: la dérive des corps est peut-être aussi une réponse formelle
aux
pièges de
l'esprit.
- On pourrait également voir dans ces séries de figures déformées,
dansantes,
une continuation de la Danse des Morts médiévale?
- Tout à fait. Dans des travaux récents sur papier, j'ai introduit des
plages
de couleurs plus vives - comme une aura - entourées de zones sombres
contrastées, vous avez l'impression que le corps humain est capté dans un
milieu amniotique et apparaîtrait à travers un espace de limbes...
Lumières de
ciel, lumières de galaxies...
- Ce qui est aussi très caractéristique dans vos ceuvres, c'est leur côté
chatoyant: beauté des couleurs, effets de transparences, de marbrures, de
mouchetures, de coulures, bref toute une préciosité mais au sens noble du
terme.
- Je suis heureux que cela existe dans mon travail. je n'aimerais pas que
l'obscurité imprègne les compositions, l'espace.
- La lumière est reine.
- Même dans les oeuvres les plus tragiques, il y a cette luminescence,
ces effets
de pierres précieuses traversées de lumière... Une autre constante dans
mon travail
et qui concerne la figure humaine est sa forme-bâton, pareille aux
figures-bâtons
néolithiques. J'essaie d'aller aussi loin en arrière que je peux, de
rejoindre l'art rupestre
de nos ancêtres. J'essaie de transposer dans mes compositions ces
éléments de
l'art gravé et peint sur la roche, du paléolithique et du néolithique.
- Vous m'avez parlé tout à l'heure de certaines figures qui ont trois
jambes; cela vous
paraissait intéressant de le laisser, Dans l'art rupestre
franco-cantabrique, ou saharien
ou celui des Pueblos de l'Arizona et du Nouveau-Mexique, très souvent on
rencontre
de ces formes humaines ou animales avec deux têtes ou trois jambes ou
trois bras,
etc. Il semble que ces variations n'embarrassaient nullement l'homme
préhistorique,
au contraire.
- N'y a-t-il pas là finalement beaucoup plus que la volonté de dire une
réalité, le besoin
d'exprimer une évolution, une continuité, le fil de la vie? C'est
peut-être pour cette
raison que je veux toujours retourner dans le passé... Pour renouer un fil
interrompu.
- Vous vous voyez davantage lié au passé qu'au
futur?
- L'artiste se projette dans le futur en retournant aux sources. Plus je
vieillis, plus
le passé me fascine. Un passé de plus en plus obscur, de plus en plus
ancien, de
plus en plus insaisissable.
- Mais pourquoi le passé serait-il aussi important?
- Parce que c'est la réponse à toutes les questions que se pose
l'humanité, c'est la
solution à tous les problèmes inextricables des relations humaines, la
vérité est dans les
sociétés dites primitives... qui existent de moins en moins. Nous tous,
nous buvons ou
avons bu à une source commune, c'est peut-être ce que j'essaie d'exprimer
et même de
démontrer par mon travail. Pourquoi puis-je, peintre, artiste, livré à
l'intuition, peindre
comme un Balinais, et pourquoi un Balinais ne peut-il pas retrouver,
disons, ce que fait
un Warhol ou un Lichtenstein? Ça n'est jamais arrivé en tout cas.
Pourquoi? Parce que
l'art contemporain est orienté technologiquement.
- Est-ce important pour vous de vivre à New York?
- Je ne lis pas, je ne vais pas à la campagne, je ne fais pas de sport,
je ne fais que
dessiner et peindre. C'est pourquoi New York est l'endroit idéal: la ville
offre un vaste panorama de festivals de films du monde entier - films
argentins, festival
de Pasolini; j'ai besoin de cette multitude de films de toutes sortes,
cela m'inspire et
me détend à la fois; j'utilise souvent le matériau d'un film dans mon
travail. New York
vous permet d'être totalement obsédé par une seule chose, je ne pourrais
pas survivre
dans une autre ville. Et New York est également riche en personnalités
créatrices.
Vous ne dépendez de personne, vous êtes libre et pouvez être seul; que ce
soit
samedi, dimanche ou n'importe quel autre jour, quelque chose se passe
toujours, des
lieux restent ouverts, il y a la sensation et la griserie d'une sorte de
vie totale, sans
repos, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
- Toute cette vie se retrouve dans vos oeuvres. Si vous n'étiez pas à New
York, vous feriez bien outre chose!
- Tout à fait.
- Une frénésie, une pulsation à la fois évidente et souterraine...
- Ça vous garde en forme, en tension dynamique, créatrice.
- Peignant, dessinant, après toutes ces années, qu'avez-vous découvert
pour
vous-même?
- Je me suis aperçu qu'en fin de compte j'étais à même de dessiner et de
peindre n'importe quel sujet... A mes débuts, je me croyais et me voyais
très
limité... Hier, je me suis procuré un catalogue du Musée d'art et
d'histoire de
Genève, où figuraient une série de casques romains: je les ai tout de
suite
intégrés à des travaux que j'étais en train d'exécuter. Du coup, j'ai créé
de
nouveaux visages.
- N'y a-t-il pas quelque chose de plus que vous auriez découvert?
- ... J'ai aussi découvert que la vie pouvait être gratifiante,
généreuse: je me suis
rendu compte que je n'étais pas éternel, donc à un moment donné toutes mes
angoisses, mes peurs, mes anxiétés de toutes sortes trouveront
d'elles-mêmes un
point final. je vieillis, j'oublie ma jeunesse, c'est bien. Je n'ai
absolument aucune nostalgie de mon enfance, de mon adolescence. J'apprends
à jouir de chaque jour et j'essaie de l'assumer, je ne pense pas trop à
ce qui
pourrait constituer ce qu'on appelle le succès, la réussite, bien que
cela soit
important à mes yeux. je dois continuer de peindre, je suis incapable de
faire
autre chose, je ne sais rien faire d'autre.
- Vous ne regrettez rien?
- Non. Et puis je ne m'en fais pas trop... Ou bien vous créez, ou bien
vous
jouez à créer un «genre», de manière qu'on puisse vous étiqueter... La
réussite,
ce n'est pas tellement autre chose... Si on commence à se faire du souci
pour
le futur, on arrêterait de
peindre.
- Lorsque vous faites un portrait, cela vous rapporte un peu d'argent?
- Pas vraiment... Les gens le font par gentillesse pour moi, pour me
rendre
service. D'ailleurs, beaucoup de portraits, je les fais d'après des
photographies.
Des personnes que je connais veulent bien venir, je les asseois sur une
chaise,
elles lisent le journal, je les dessine, cela donne souvent des charges
caricaturales,
des portraits satiriques. J'aime bien que subsiste une certaine
ressemblance,
mais c'est tout... Mais je passe vite de nouveau à mes personnages-
bâtons...
Au fond c'est cela que j'aime, passer très vite d'un sujet à l'autre dans
une
ronde sans fin. C'est ce que peindre m'a appris le plus: sauter d'un
sujet à
l'autre, rapidement, maîtriser cette souplesse, accumuler les expériences
de
ce genre.
- Pourquoi?
- Ah! mais... pour éviter la répétition, pour rompre les habitudes, pour
me
renouveler sans
cesse.
- Pourtant les oeuvres du début contiennent déjà en elles les oeuvres les
plus
récentes. Un Lassiter reste inexorablement un Lassiter.
- Ah! oui?... Vous croyez?
- Je le crois...
On creuse son ornière.
- Il me semble que mon dessin comme ma peinture ont tellement changé, ont
présenté des aspects si différents... et c'est pour cela que bien des
galeries et
des musées ne s'intéressaient plus à mon travail, préférant toujours les
oeuvres
antérieures... Ma volonté a toujours été de changer, et parfois je fais
simplement
quelque chose de nouveau pour être différent! J'essaie vraiment de trouver
et de mettre au point une nouvelle notion de la figure humaine - visage et
silhouette - je dois donc aller dans des tas de directions et souvent
changer
brutalement d'une direction à l'autre, afin d'échapper aux préjugés, à
tout ce
qui est standardisé, à tout ce qui est si terriblement coutumier et qui
pèse sur
l'homme et finit par le tuer.
- L'essentiel, c'est ce que vous croyez, vous.
- Je ne crois à rien. je dessine, je peins, et c'est déjà bien assez
difficile comme
ça. Je ne peux aller que de l'avant jusqu'à ce que la mort m'arrête.
- En faisant un grand détour par le
passé.
- Le futur n'est que du passé recomposé.
Conversation à bâtons rompus recueillie par Sylvio Acatos en 1990 à
Lausanne.