La lave qui jaillit des profondeurs terrestres, à une
température variant entre 700 et 1250 degrés C, est
constituée d'un mélange de silicate en fusion et de
cristaux. Elle se refroidit sur les flancs du volcan, au
contact de l'atmosphère. Les minéraux qui la consti
tuent se cristallisent selon des lois physico-chimiques et
forment les roches volcaniques, sorte de fin pâte de
verre où s'intercalent de petits cristaux durcis
rapidement.
Cependant, il ne faudrait pas croire que la lave en
fusion représente l'état premier de notre Terre; elle est
plutôt une renaissance de la matière. Depuis qu les
éléments chimiques du cosmos, il y a plus de quatre
milliards et demi d'années, se sont condensés pour créer
le manteau terrestre, de la chaleur est produite
continuellement par la désintégration radioactive de
certains de ces éléments. Dans ces zones de haute
chaleur, les roches silicatées, composées des minéraux
d'olivine, de pyroxène et de spinelle, entrent dans une
phase de fusion lente, atteignant des températures de
1250 à 1500 degrés C. Ces masses fluides,
nouvellement créées, sont appelées magmas. Etant plus
légères que les roches qui les environnent, elles peuvent
s'élever vers la surface où elles se répandent en
laves.
Le plus souvent les magmas formés dans le mar
teau supérieur ont une composition basaltique; ils
donnent naissance, en se cristallisant, aux roches
basaltiques formées d'olivine, de plagioclase, de
pyroxène et des oxydes de fer et de titane.
Dans les dorsales sous-marines, qui traversent I
milieu des océans à des profondeurs variant entre 2000
et 4000 mètres, se forme continuellement de I lave
basaltique, phénomène invisible pour l'homme et qui a
lieu depuis que la croûte terrestre s'est soli difiée. C'est
ainsi qu'on explique la dérive des cont nents et la
création de nouveaux océans. La roche volcanique la
plus fréquente peut donc être le basalte qui couvre les
deux tiers de la surface de notre globe.
La lave basaltique s'écoule également sur toutes les
îles volcaniques, surgies de la profondeur des eaux sous
forme de volcans imposants comme à Hawaii, à Santorin
ou sur l'île du Stromboli. Par opposition au magma
engendré inlassablement dans les dorsales
médio-océaniques, les grands volcans "solitaires" ont
souvent une durée de vie limitée et relativement courte,
variant de quelques centaines de milliers d'années à un
million d'années.
Le caractère des laves basaltiques - en particulier leur
degré de viscosité (fluidité) et leur température
d'écoulement - est fonction de la composition chimique
du magma, ainsi que des produits volatils qu'il contient,
comme la vapeur d'eau, I'hydrogène, les oxydes de
carbone et de sulfure d'hydrogène. Un pourcentage élevé
de sodium et de potassium réduit laviscosité de la lave
basaltique et permet un écoulement rapide sans causer
de grosses explosions. C'est le cas des laves
basaltiques des îles Hawaii, du Stromboli, de l'Etna et du
Vésuve.
Les explosions volcaniques aux conséquences
catastrophiques se produisent le plus souvent lorsque
lavapeur d'eau et le magma se rencontrent à l'intérieur
même du volcan, ou sous ce dernier. Seul un magma
non basaltique riche en silicium, et plus visqueux, peut
empêcher, à long terme, le dégagement de la vapeur
d'eau et des gaz. Et avec les éruptions volcaniques dont
les laves anéantissent tout sur leur passage, règne
l'imprévisible, bien évidemment... |