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LES CHEMINS DE L'ABSOLU
Rare privilège que de rencontrer dans la fulgurance de l'instant, à la fois l’œuvre et le peintre : d'un côté le peintre avec son inlassable quête d'absolu, ce dialogue avec la subtilité, la légèreté, la grâce et de l'autre côté la présence silencieuse du tableau non moins à l'écoute.... puis la rencontre se fait... éblouissante de vérité. A la croisée du talent, de l'intuition, et de l'instinct, YVES FRIEDERICH nous entraîne à franchir les frontières du voyage au cœur de soi, au cœur du mystère de la création. "Pour capter cette énergie qui fait la vie, je peins jusqu'au moment ou mon tableau devient un être" Espace et mouvement s'interpellent selon rythmes, cadences, alternances, contradictions, mises en oppositions de formes et de tonalités. Des ondes de force, selon un tempo bien maîtrisé, imposent un véritable souffle, une pulsation. L'énergie circule. L’œuvre s'inscrit alors comme un avènement, une naissance. Sûr que l'énergie vitale contenue dans l'instant peut se révéler, YVES FREDERICH mise sur le pouvoir des « nœuds de vie » : petites surfaces de densité vibratoire telle que l'énergie jaillit et rayonne dans la conscience de son accomplissement et dans sa réalité d'ETRE. Le peintre y voit « une véritable source où émergent les points de conscience qui diffusent l'esprit du tableau en voie de devenir ou de disparition. » « Il n'y a pas d'effort à rester dans la légèreté : les formes et les couleurs peuvent être riches sans être lourdes, le mouvement est présent pour garder cette légèreté. Ce mouvement-là est ancré dans le temps : c'est le mouvement existentiel, celui-là même qui frissonne avec le vent dans les branches de mes arbres... » A l'écoute de l'infime frémissement porté en son point de lumière, toujours plus haut, à la cime, là où la feuille rejoint L'IMMENSE au firmament du perceptible, à l'union de l'ombre et de la lumière, du lisse et de la nervure..... YVES FREDERICH n'est que présence à l'instant, captation permanente. YVES FREDERICH est un contemplatif à l'écoute de l'admirable tremblement du temps : celui-là même qui fait battre le pouls des saisons au cœur de la nature souveraine, en Ariège où il a choisi de vivre et de créer. « Parce que le même être se modifie jour après jour, je peins pour ce que je rencontre et ce que j'abandonne : entre doutes et certitudes... j'entre dans la mouvance... » Quand l’œuvre n'est pas ancrée dans la permanence et l'intemporel, alors le travail sur la toile comme le travail sur soi s'inscrit dans « la mouvance ». Comme un moyen de s'explorer, de se révéler à lui-même, YVES FREDERICH opère en recouvrements et transparences successives. S’agit-il d'une mutation ou d'une deuxième naissance? « Les transparences dans mes tableaux sont là pour montrer des formes en voie de devenir... de devenir incessant. » Alors, l’esprit du tableau reste infiniment présent, il veille au-delà du voile, à jamais inscrit dans la mémoire vive d'un monde multidimensionnel. « Je peins avec l'intention de spiritualiser la matière » Quand YVES FREDERICH prétend « spiritualiser la matière «, c'est qu'il soutient l'idée que la matière et l'esprit ne sont pas nécessairement opposés, comme si l'âme se retrouvait dans la totalité de la vie, en toute chose. Alors l'élan de la matière dévoile une énergie faite de sensible, de tensions, d'exaltations : témoins de l'extrême variabilité de l'être et de ses rythmes intérieurs. Convaincu de la nécessité d'ouvrir des perspectives, d'élargir des champs de conscience, YVES FREDERICH dialogue avec l'abstrait et dispose de « signes » qui sont pour lui un véritable vocabulaire, l'agencement d'un langage. Une ligne de petites taches claires est ici placée en évidence, comme si elle devait introduire un discours... « Le regardeur est impliqué et peut faire le choix de participer à la floraison de l’œuvre : je l'invite à composer. » La juxtaposition de certaines oeuvres en diptyques ou triptyques accentue un phénomène de polarité et de complémentarité, comme si les tableaux obéissaient à un ordre secret..., conférant une unité profonde à l'ensemble de l’œuvre. Cette énergie qui circule librement d'un monde à l'autre, à l'infini... preuve que rien n'est jamais fini, invite le regard à poursuivre hors dimension. Une oeuvre d'art tout en étant achevée est toujours inachevé : YVES FREDERICH nous invite à voir dans le miroir de l'univers les chemins du dépassement les chemins de l’absolu !!!! DIALOGUE AVEC L'ARTISTE. ETE 2002 |
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