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par Jean Revol | |||
| ART DE DEBILES, DEBILES DE L'ART ? | ||||
ART EN PUISSANCE, ART EN IMPUISSANCE 4 / 9
Ainsi affiche-t-il à l'égard de l'image une
étonnante liberté, doublée d'une conscience très scrupu-
leuse en ce qui concerne sa véracité. Nous avons souvent
constaté que, même - et surtout - s'il ne sait pas écrire,
il fait coïncider très spontanément le sens et le poids d'un
mot avec une forme et une couleur ; il en fait une
substance, et même une substance mère, si nous nous en
rapportons à cette maison - premier dessin d'une
mongolienne de 18 ans - qui, forme et couleur réunies
sous un épiderme velouté d'une densité étonnante
apparaît comme le principe même de toutes les rêveries,
de toutes les nostalgies, de tous les enfants et de tous les
poètes à propos de la maison.
![]() Marie-Jo "Sans titre", 80 x 120 cm Frankie, pas plus que Nicole ou Jean-Luc ne sont conscients_ des lois et des règles selon lesquelles ils travaillent. Pourtant elles existent, elles régissent absolument tous ces travaux comme si étonnamment symbolisées par le dessin de Frankie : le match de football - elles couvraient l'ensemble des ateliers à la façon d'un énorme jeu de l'oie que nos artistes parcourent chacun à son allure, parfois bloqué sur une case stérile ou même renvoyé à la case départ. Dès lors qu'il s'est engagé - et même s'il ne gagne pas, car il y a peu d'élus - il suit la même voie que le gagnant et, quelque part, il cesse d'être joueur pour s'intégrer à la matière et à la nature même du jeu, il devient jeu lui-même et enjeu. Comment expliquer que devant le même étalement d'eau apparemment dormante Olivier Debré ou Michel L. - nous n'ayons là qu'une surface et là une profondeur, si ce n'est qu'ici c'est le rêve qui incarne et réfléchit le rêveur et là exactement le contraire ? que s'il y a une eau dormante au fond de chaque mémoire, il ne suffit pas d'accumuler les eaux pour la mémoriser ? Seul peut refléter dans toute sa pureté cette qualité impondérable de la vie intérieure un miroir dont la pureté est déjà intériorisée. Sans l'ombre d'un doute, plus l'eau est profonde, plus le miroir est clair. Il faut déjà revenir à la surface, au présent, à l'action, revenir au monde réel pour le doubler d'une volonté de puissance. |
Début du livre Chapitre 5 : Art en puissance, art en impuissance Page 1/9 Page 2/9 Page 3/9 Page 4/9 Page 5/9 Page 6/9 Page 7/9 Page 8/9 Page 9/9 1. Introduction 2. En quête des "Personimages", considérations sur l'atelier 3. Galerie de portraits 4. De l'image au personimage 5. Art en puissance, art en impuissance |
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