| Yves Mairot |  
Les chemins de l'abstraction (1/3)
article réalisé par lartiste.net

Abstraction ou l’art pour l’art

L’avènement de la peinture abstraite dans l’art contemporain n’est pas un problème simple : il présente de nombreuses facettes, des aspects fort divers qui se manifestent d’ailleurs dans les réalisations picturales elles-mêmes.

Dissipons un malentendu : la peinture représentative (« figurative » donc dans l’acception contemporaine du terme) a toujours relevé de procédés « abstraits » dans son exécution : « la pittura è cosa mentale » proclame Leonardo da Vinci. Son propos est sans appel !

Abstract Art
Etude de manche-XVème-LEONARD DE VINCI Royal Librairie Windsor
Evoquons aussi une autre ambiguïté de l'expression picturale. Les progrès et les innovations en matière d'investigation du réel proposent sans cesse une vision renouvelée et inhabituelle de celui-ci ; aujourd'hui, microscope, télescope, macro-photographie, caméra-video, sonar radar, scanner, IRM etc… sondent le monde qui nous entoure et sondent aussi ce que nous sommes. Nous accédons sans cesse à une réalité différente de celle qui nous est familière. La science nucléaire, la physique des particules, la biologie génétique, l'exploration du cosmos ouvrent de nouveaux champs de recherche esthétique qui génèrent de nouvelles représentations qualifiées temporairement « d' abstraites ». Mais il ne s'agit dans ces deux cas que d'à-côtés du problème fondamental. Ce dernier en effet tient au fait que l'abstraction en art s'identifie à la conquête de son autonomie.

Abstraction : une histoire des techniques
Les changements qui interviennent dans l'orbite d'un art constitué, comme la peinture en Occident, ont parfois à faire avec des réalités sociales ; plus fréquemment ces mutations apparaissent en raison d'une logique interne propre à la forme expressive considérée (poésie, roman, musique et naturellement peinture…)

Avant la Renaissance les tableaux sont pour la plupart des panneaux de bois à grains serrés (noyer, poirier, peuplier) recouverts de plusieurs couches de matière blanche liées à la colle de poisson et longuement séchés. Comme médium ; on ne connaît pas d'autre huile siccative que l'huile de lin qui présente l'inconvénient de sécher très lentement.

Abstract Art
Vierge à l'enfant-Cathédrale de Saint-Etienne- Vienne

Pour des raisons pratiques (les commanditaires sont généralement pressés), on se rabat sur les médiums aqueux (peinture dite a tempera) qui sèchent vite mais ne permettent pas des « passages » aussi souples que l'huile. Aussi la sève végétale, le blanc d'œuf sont souvent utilisés entrainant la crainte que le pigment se détache, craque ou se détériore ; d'où la nécessité d'un séchage bien conduit, très progressif, le médium s'évaporant en partie, l'autre partie étant absorbée par la couche de préparation. Esthétiquement cette technique aboutit à des valeurs claires en creux et sombres en relief.


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jean revol

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