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FRANÇOIS ARNAL L'émotion en temps réel Par Françoise Jaunin L'histoire de l'entrée en peinture de
François Arnal est trop belle pour qu'on ne
rappelle pas, au passage, que c'est dans le maquis
d'Auvergne qu'il a, en 1944, découvert sa
vocation. Entré dans la clandestinité comme
résistant, le jeune licencié en droit et lettres
de l'Université d'Aix-en-Provence y fait la
connaissance d'un artiste hollandais réfugié
en France qui lui enseigne les rudiments du
métier et l'encourage à peindre. Conseil
suivi: François Arnal décide de tout lâcher pour
les pinceaux. A sa manière, sa peinture
prendra le maquis elle aussi puisque, tout comme
celle d'autres jeunes révoltés de
l'après-guerre, elle rejette radicalement la grande
tradition française.
Cherchant sa voie entre Cobra et l'informel et nourrissant son appétit du monde par des voilages au long cours au Mexique, en Polynésie et en Amérique centrale et du Nord, Arnal ne cesse depuis lors de réinventer un langage élémentaire servi par la liberté du geste et le lyrisme de la couleur. Fautrier et Dubuffet. Pollock et de Kooning sont ses maîtres à peindre. mais ce sont surtout ses révoltes, son goût du merveilleux et les bonheurs du hasard qui lui servent de guides. Dans un flot de signes et un perpétuel surgissement de couleurs en liberté, il devient «l'action painter » de l'école de Paris. En 1964, bien avant les mauvais garçons du métro new-yorkais, il découvre la bombe à sprayer et, à travers elle, l'action directe, l'instantanéité absolue, l'émotion en temps réel. Ses "bombages" deviennent des sortes de jam-sessions picturales. Puis, c'est la grande fracture de mai 68. Pendant 7 ans, il cesse complètement de peindre pour ouvrir l'Atelier A, une entreprise collective basée sur le credo de la nécessaire insertion de l'artiste dans la société. Design, décoration, expositions, spectacles, cinéma, TV en sont les domaines d'application. Mais à la mi-temps des années 70, le besoin de peindre, irrésistible, le reprend. Et c'est, dans une alternance de temps forts et de moments de peinture moins chargés et plus inconsistants, un nouveau déferlement énergétique de signes et de couleurs en état d'urgence. Quelque chose comme les graffiti rupestres du monde urbain contemporain. Avec sa violence et son immédiateté, ses coulures et ses bavures, ses stridences et ses déchirements, sa frénésie et la soudaine vulnérabilité d'une ligne funambule. |
1. Origine et mythe
2. L'art au centre de la vie
3. Ne pas occuper l'espace, le traverser
4. Peindre, c'est se détacher de la peinture
5. « L'esprit magique »
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